Grands Titres Économie

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    Jean Charest et François Legault dressent un portrait différent de l'économie québécoise. Jean Charest soutient que le Québec a connu, au cours des dernières années, une prospérité économique exceptionnelle. À l'opposé, François Legault affirme que les Québécois se sont appauvris sous le règne libéral. ... Lire la suite
  • 300 emplois pourraient être sauvés chez Aveos +

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  • Les touristes moins nombreux dans les hôtels montréalais en juillet +

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  • Apple accapare les deux tiers du marché des tablettes +

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L'édifice du Trésor américain, à Washington (archives) L'édifice du Trésor américain, à Washington (archives) Photo :  AFP/KAREN BLEIER

Un an après l'abaissement de la note de crédit des États-Unis par l'agence Standard & Poor's, le coût d'emprunt du pays est beaucoup plus bas qu'à la même date l'an dernier, une situation à première vue paradoxale, mais qui s'explique par la morosité de l'économie mondiale, selon des experts.

Le 5 août 2011, pour la première fois de son histoire, le pays a vu la note attribuée à sa dette publique abaissée par une agence d'évaluation financière, passant de AAA à AA+. Cette décote survenait à la suite d'un bras de fer politique entre démocrates et républicains sur le relèvement du plafond de la dette américaine (qui dépasse maintenant les 15 000 milliards de dollars) et sur les mesures visant la réduction du déficit.

Au même moment, la Bourse de New York connaissait une baisse marquée de ses indices, une débâcle qui avait commencé fin juillet et qui s'est accentuée en août.

Plusieurs économistes ont réagi à cette décote en prédisant une hausse du coût d'emprunt des États-Unis. Or, le taux d'emprunt pour les obligations du Trésor à 10 ans est passé d'environ 2,6 % à 1,5 % un an plus tard.

Un an après leur décote, les États-Unis empruntent toujours à meilleur coût

C'est que depuis l'été dernier, la situation économique peu reluisante en Europe et au Japon et le ralentissement de la croissance dans les pays émergents a changé la donne, indiquent les analystes.

« Dans un monde extrêmement tourmenté, les États-Unis restent une référence », affirme l'économiste Georges Ugeux, PDG de la banque d'affaires internationale Galileo Global Advisors et ancien vice-président de la bourse de New York.

« Le Japon a vécu une situation difficile ces dernières années. Il y a aussi une méfiance envers l'Europe, qui n'est pas tout à faire justifiée, mais les entreprises et les investisseurs disposent de beaucoup de liquidités. Dans ce climat, il y a une demande considérable pour les bons du Trésor américain », dit-il en entrevue téléphonique.

Bons du Trésor américain Bons du Trésor américain

« Les obligations américaines, c'est la valeur refuge par excellence. Il n'y a pas grand monde qui pense que les États-Unis vont se retrouver en défaut de paiement », juge pour sa part Mathieu D'Anjou, économiste principal chez Desjardins.

Il note également que la demande reste élevée pour les obligations allemandes, ainsi que pour celles du Royaume-Uni, même si ce dernier pays a un niveau d'endettement élevé. Cela montre, selon lui, que les titres de dette de ces États sont toujours vus comme des valeurs sûres.

M. D'Anjou affirme que la baisse marquée en bourse survenue après la décote de S&P traduisait une importante inquiétude des investisseurs, qui se sont alors tournés vers les obligations d'État, considérées plus sûres que les titres boursiers, même si les États-Unis venaient de perdre leur note.

« C'est comme si les décisions des agences étaient déjà attendues du côté des investisseurs », ajoute-t-il. Cela contribue à réduire les conséquences immédiates d'une décote sur les taux d'emprunt.

La crédibilité des agences de notation remise en question

M. Ugeux va plus loin. Selon lui, la façon dont a été décidée la décote par S&P et le faible impact qu'elle a eu à long terme montre le peu de crédibilité qu'il reste aux agences de notation.

« Les conditions dans lesquelles s'est faite la décote de S&P sont extrêmement douteuses. L'agence donnait comme raison le blocage du Congrès au sujet de la dette. C'est un jugement politique, mais le rôle des agences de notation n'est pas de poser un jugement politique. Est-ce que ça a changé quelque chose? Pas sûr », dit-il.

Le siège de l'agence de notation financière, à New York. Le siège de l'agence de notation financière, à New York Photo :  AFP/STAN HONDA

« Il y a aussi eu la décision de Moody's, fin juillet, de placer sur surveillance négative la note de l'Allemagne. On a vu que ça n'a pas affecté le coût d'emprunt du pays », fait-il remarquer.

Il estime toutefois que le poids des agences de notation reste important pour ce qui est des notes attribuées aux entreprises.

« Quant aux dettes souveraines, l'influence des agences de notation n'a vraiment de sens que parce que les médias s'en préoccupent », en créant une sorte de panique qui a peu à voir avec l'économie réelle, affirme-t-il.

Mathieu D'Anjou croit cependant que les agences demeurent pertinentes, même si elles ont perdu de leur crédibilité à la suite de la crise de 2008. « Elles n'avaient pas vu venir la crise des subprimes. Leur réputation en a beaucoup souffert », dit-il.

Selon lui, les agences de notation ont désormais moins d'influence sur la capacité d'emprunt des grands pays, mais possèdent toujours un poids pour ce qui est des petits États. « Je ne pense pas qu'il y ait bien des reproches à leur faire, elles reflètent bien les problèmes en Europe, par exemple. Le fait qu'elles soient maintenant plus agressives n'est pas une mauvaise nouvelle », juge-t-il.

Rappelons que l'Espagne et l'Italie ont vu ces derniers mois leur note abaissée de plusieurs crans par les agences de notation. Leurs coûts d'emprunt se situent maintenant à des niveaux records.

Le rôle de la Fed

Par ailleurs, les économistes ne s'entendent pas quant au rôle que joue la Réserve fédérale américaine (Fed) dans le rendement des obligations américaines.

La Fed a effectué en 2008 et 2010 des achats massifs d'obligations du Trésor, des injections de liquidités servant à soutenir l'économie moribonde. Elle a aussi, à l'automne 2011, effectué une opération d'échange d'obligations, vendant des titres à courte échéance pour en acheter d'autres à longue échéance, afin de tenter de réduire les taux d'emprunt à long terme. Cette opération a été prolongée jusqu'à la fin 2012.

Ben Bernanke, le 17 juillet. Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke (archives) Photo :  AFP/KAREN BLEIER

« Ça a eu une influence réelle sur les taux, en gonflant la demande. Ça a aussi un impact psychologique. Les investisseurs s'attendent d'ailleurs à ce qu'il y ait un autre achat de la part de la Fed bientôt », soutient Mathieu D'Anjou.

Mercredi toutefois, la Fed s'est abstenue d'engager une troisième phase d'assouplissement monétaire, mais elle conserve son taux directeur entre 0 et 0,25 % jusqu'à la fin 2014 et se dit prête à de nouvelles actions.

Selon Georges Ugeux, cependant, l'influence de la Fed demeure limitée.« Les interventions de la Fed sont politiques. Il y a une grande illusion de surpuissance. Les banques centrales ne sont pas les vrais acteurs de l'économie. Les vrais joueurs sont les investisseurs et les entreprises », dit-il. « La Fed ne devrait d'ailleurs pas intervenir avec des taux d'emprunt aussi bas. Ça n'a pas de sens de faire ce qu'ils font ».

Selon lui, les États-Unis doivent avant tout s'atteler à améliorer l'emploi, qui demeure le problème fondamental de l'économie américaine.

Les chiffres sur l'emploi en juillet montrent que la création d'emploi s'est accélérée, mais n'a pas empêché le taux de chômage de progresser légèrement, à 8,3 %.

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