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La mine Jeffrey à Asbestos, en Estrie. La mine Jeffrey à Asbestos, en Estrie. Photo :  PC/Jacques Boissinot

Le bureau de la première ministre du Québec Pauline Marois n'a pas réagi de façon officielle à la décision du gouvernement Harper sur l'amiante, vendredi, mais l'attaché de presse de Mme Marois a indiqué par courrier électronique que le gouvernement Marois prenait acte de la décision du gouvernement fédéral.

Il dit que le gouvernement péquiste s'engage à tenir une commission parlementaire portant sur la diversification de la région de l'amiante.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a pour sa part rappelé qu'il était le premier politicien québécois à s'opposer clairement contre l'extraction et l'exportation de l'amiante, affirmant qu'il n'existait aucune utilisation sécuritaire de ce matériau.

« Ça a pris du temps, mais c'est ce que le NPD demande depuis longtemps, au lieu de subventionner une industrie qui est finie, donner cet argent dans les collectivités locales pour faire une transition juste vers d'autres entreprises. Alors je suis ravi, il va y avoir de l'argent, les gens vont pouvoir trouver des emplois, d'autres industries vont être attirées, mais la fin de l'amiante c'est une bonne chose pour la santé humaine, ici au Québec et ailleurs dans le monde », a-t-il affirmé à Radio-Canada.

Le président de Mine Jeffrey ne baisse pas les bras

Bernard Coulombe, président de la Mine Jeffrey Bernard Coulombe, président de la Mine Jeffrey

En réaction à cette annonce, le président de Mine Jeffrey d'Asbestos, Bernard Coulombe, n'a pas voulu baisser les bras. À l'antenne de Radio-Canada, M. Coulombe a répété que l'on pouvait exploiter de façon sécuritaire l'amiante chrysotile, dont sa mine, dit-il, « était le phare de l'utilisation sécuritaire de l'amiante ».

« En autant que je suis concerné, a-t-il déclaré, l'exploitation de l'amiante n'est pas interdite ». Il évoque le marché de l'Asie, en pleine expansion, dit-il.

Une annonce bien accueillie

Fernand Turcotte, professeur émérite à la faculté de médecine sociale et préventive de l'Université Laval, parle de son côté d'une excellente nouvelle, d'autant, dit-il, que Québec compte appuyer la reconversion économique de la région.

Selon le médecin, les seuls scientifiques qui prétendent encore que l'amiante peut être exploité de façon sécuritaire sont « vendus à l'industrie, et je pèse mes mots ».

Il est temps, selon lui, que la vérité à ce sujet soit dite à la population des régions où l'on exploite encore l'amiante.

André Bélisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), croit qu'« avec cette annonce, le gouvernement Harper reconnaît s'être trompé et nous accueillons positivement ce changement de cap de sa part ».

« Il n'est toutefois pas évident que la décision du gouvernement ait été prise en raison seule des constats scientifiques qui indiquent que l'amiante est mortel. Mais l'important est de fermer enfin cette industrie et d'assurer un appui aux travailleurs afin qu'ils puissent se recycler ailleurs comme annoncé », a-t-il ajouté.

M. Bélisle a toutefois précisé que « cette heureuse nouvelle » ne permet pas au gouvernement Harper de « verdir son image », qui a d'après lui causé « des torts majeurs à la science et à l'environnement ».

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