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Ouganda : le mystérieux syndrome du hochement de tête fait des ravages Une jeune garçon atteint de la maladie du hochement de tête (droite), accompagné de sa mère Photo :  AP/Stephen Wandera

Une conférence internationale s'ouvre lundi en Ouganda pour tenter de faire la lumière sur le syndrome du hochement de tête (« nodding head disease »), un mal mystérieux qui a tué au moins 300 jeunes au pays et qui en affecte 3000 autres.

La conférence, qui s'étendra sur quatre jours, permettra aux 120 scientifiques présents de partager leurs connaissances sur la maladie, indique Anthony Mbonye, porte-parole du ministère ougandais de la Santé.

Les scientifiques se perdent en conjectures pour expliquer la cause de ce syndrome qui touche principalement les enfants de 5 à 15 ans et se concentre surtout dans le nord de l'Ouganda et dans certains endroits du Soudan du Sud.

La maladie retarde le développement physique et cognitif, et se traduit parfois par des crises de convulsions semblables à des crises d'épilepsie. Les premiers symptômes sont le hochement de la tête, d'où le nom du syndrome, et l'incapacité de boire et de manger.

Des chercheurs américains ont tenté d'établir un lien entre le syndrome et le parasite qui cause la cécité des rivières (ou l'onchocercose). Mais « il y a de nombreuses parties du monde où l'on trouve des cas d'onchocercose, mais pas de maladie du hochement de la tête », affirme Scott Dowell, des centres pour le contrôle et la prévention des maladies, l'agence américaine de protection de la santé et de la sécurité publiques.

De nombreux Ougandais pensent toutefois que la maladie est enracinée dans la violence, la maladie étant prévalente dans les endroits les plus touchés par les séquelles d'une guerre brutale menée par Joseph Kony, le chef de l'Armée de résistance du Seigneur (ARS), responsable de viols, de massacres et d'enrôlement d'enfants-soldats.

Depuis la fin de la guerre civile vers le milieu des années 2000, plusieurs cas d'épilepsie ont été diagnostiqués. Des mesures sérieuses pour tenter d'identifier et de circonscrire la maladie n'ont été prises que cette année par le gouvernement, sous la pression de députés ougandais qui accusaient les autorités de négligence criminelle.

Fin janvier, le gouvernement a alors annoncé un plan d'intervention d'urgence de 2,2 millions de dollars. Mais l'argent tarde souvent à arriver dans les centres de traitement dans ce pays ravagé par la pauvreté, et récemment, par une épidémie de fièvre hémorragique due au virus Ebola.

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